La Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025), organisée au Maroc, cristallise une nouvelle fois les tensions entre le football africain et les grands clubs européens. Derrière le discours officiel sur la “protection des joueurs” se cachent en réalité des enjeux d’audience, de droits TV et de pertes financières majeures — notamment pour les ligues européennes les plus puissantes.
La CAN 2025 se déroule entre décembre et janvier, en plein cœur de la saison européenne. Cette période est stratégique pour des championnats comme la Premier League, la Liga et la Serie A, qui bénéficient habituellement d’une forte audience internationale, de matchs décisifs et d’activations commerciales majeures pour les sponsors.
La libération de nombreux joueurs africains affaiblit les clubs sur le terrain, mais surtout désorganise le produit télévisuel vendu aux diffuseurs.
Contrairement à la CAN, qui mobilise une audience panafricaine et diasporique massive, la Premier League et la Serie A reposent fortement sur une audience domestique et régionale — particulièrement en hiver.
Or, dès ce soir et tout au long de la compétition, la CAN 2025 captera une part significative de l’attention télévisuelle, notamment en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient.
Conséquences :
• Baisse de l’audience cumulée des matchs européens
• Perte de visibilité pour les sponsors
• Dévalorisation des droits TV pendant cette période
Les diffuseurs et partenaires commerciaux investissent des milliards d’euros pour garantir une exposition maximale. La concurrence directe de la CAN entraîne :
• Une chute de l’audience sur certains matchs de championnat
• Une baisse du retour sur investissement pour les annonceurs
• Une pression accrue sur les ligues pour protéger leurs intérêts économiques
Cette perte potentielle de revenus jusqu’à la fin de la CAN motive précisément la volonté insistante de certains clubs européens de modifier définitivement le calendrier de la compétition africaine.
À l’inverse, la CAN 2025 bénéficie d’un engouement exceptionnel. La Confédération africaine de football (CAF) a signé un nombre record d’accords de diffusion, garantissant une visibilité mondiale inédite à la compétition.
Les statistiques des précédentes éditions montrent que la CAN attire des centaines de millions de téléspectateurs, avec des pics d’audience dépassant ceux de nombreux matchs européens hors affiches majeures.
Dans une récente déclaration accordée au média Ouragan, Constant Omari — ancien dirigeant influent (controversé) du football africain — a vivement critiqué ce qu’il considère comme une pression directe des clubs européens sur la CAF et la FIFA.
Selon lui, la volonté de modifier le calendrier de la CAN n’est pas sportive, mais purement économique. Omari parle d’un “diktat” visant à protéger les intérêts financiers des ligues européennes, au détriment de la souveraineté, de la visibilité et de l’influence croissante du football africain.
Au-delà du calendrier, le conflit autour de la CAN 2025 révèle une question fondamentale : qui contrôle le football mondial ?
La montée en puissance de l’audience africaine remet en question l’hégémonie médiatique européenne et dérange un modèle économique construit autour des ligues occidentales dominantes.
La CAN 2025 s’impose ainsi comme bien plus qu’un tournoi — un symbole de résistance économique et culturelle du football africain face aux intérêts européens.
Source: Joe Start pour Ballocentre.com
Images: GETTY, CAF, TEKNIK AI illustration